Fiche Action - Archive 2006-2007

(2006-2007) Appuyer le développement et le fonctionnement de l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique
- Résumé
Depuis huit ans la fondation a appuyé en Afrique de l'Ouest un réseau de réflexion et de proposition multiacteurs sur la gouvernance. Ce réseau est devenu «l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique ». En partenariat avec l'Union Africaine il va s'étendre aux autres régions d'Afrique et la fondation appuie ce changement d'échelle.
- Synthèse
Synthèse de l'action
La co-organisation, par l'Union Africaine et l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique, d'un premier forum inter africain sur la gouvernance à Addis Abeba en Novembre 2005 a symbolisé la mutation d'un réseau de travail confiné jusque là à l'Afrique francophone à une alliance d'acteurs à léchelle du continent. Cette mutation est rendue possible par la construction préalable d'outils méthodologiques, intellectuels et techniques rigoureux résumés par la charte constitutive de l'Alliance. Cet investissement préalable et la cohésion de l'équipe de travail doit permettre en 2006/2007 un triple changement d'échelle :
la création de quatre nouveaux pôles régionaux capables d'animer dans leur région et selon des méthodes proches de celles qui ont été rodées pour l'Afrique francophone occidentale, un processus de dialogue associant les différents milieux socioprofessionnels pour déboucher sur des propositions inspirées par des principes généraux mais nourries et réfléchies par les réalités spécifiques de chaque région ;
la multiplication de groupes d'initiatives partant des propositions générales de refondation de la gouvernance pour les traduire en actes dans un lieu, un sujet particulier ;
la gestion des relations avec les institutions panafricaines ;
Cette évolution s'accompagne de l'engagement d'un processus de travail dans les pays du Nord pour redéfinir les modalités de l'aide. Elle appelle aussi la mobilisation d'importants cofinancements.
La fondation, partie prenante depuis l'origine de cette dynamique fait un apport financier global réparti sur deux ans à l'Alliance, cet apport étant indispensable aussi bien pour assurer le noyau dur de son fonctionnement que pour produire un effet de levier auprès de différentes coopérations publiques et privées.
Inscription de l'action dans la stratégie d'ensemble de la FPH
Si l'on cherchait une action particulière capable de symboliser l'ensemble des orientations de la Fondation, c'est sans doute l'appui à l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique qui serait choisie. Tout d'abord, au plan thématique, la gouvernance est une de nos priorités et c'est peut être en Afrique que sa crise est la plus profonde. C'est le seul continent où l'on parle carrément de refondation. Ensuite, cette alliance reflète la préoccupation constante d'aller-retour entre le local et le global entre l'action et la réflexion. Entre le local et le global, d'abord : s' il s'agit bien de faire émerger un projet de gouvernance pour l'Afrique, celui-ci est principalement nourri de la réflexion des sociétés africaines sur elles-mêmes mais aussi des contributions du monde extérieur et, en sens inverse, la réflexion des Africains sur leur gouvernance a une valeur universelle. Entre l'action et la réflexion ensuite : l'élaboration des principes de gouvernance par de l'expérience concrète, parfois très locale, donne naissance à des principes généraux qui sont ensuite mis en oeuvre ici ou là par des groupes d'initiative. Le point de vue des innovateurs locaux rentre aussi en dialogue avec le point de vue des institutions panafricaines.
En troisième lieu, l'Alliance est le reflet de la démarche tridimensionnelle géoculturelle, collégiale, thématique - qui dans le prolongement de notre appui à l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, caractérise depuis le milieu des années 90 nos engagements. Au plan méthodologique, le concept même « d'Alliance » , qui en 2004 a remplacé en Afrique celui de « réseau » est la transposition du concept « d'alliance citoyenne » qui est un des fils directeurs des orientations de la fondation. Enfin, non seulement l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique est un point d'application privilégié des méthodes et outils d'action et d'intelligence collective, mais c'est devenu aussi un véritable prototype, un espace d'expérimentation et l'on voit, du site ressources à l'usage de la cartographie conceptuelle, l'équipe africaine d'animation de l'Alliance devenir pilote de ces questions au plan mondial.
Historique de l'action
L'alliance pour refonder la gouvernance en Afrique a déjà une longue histoire. Elle est partie de réflexions menées au milieu des années 90 par la fondation avec ses partenaires africains. Elle a pris en 1998 la forme d'un Comité d'initiative africain, animé par Ousmane Sy, à l'époque Ministre des Affaires Locales du Mali. L'initiative a donné naissance à un réseau de travail structuré dans dix pays africains francophones. Ce réseau a su acclimater avec succès les outils et méthodes de travail collectif à distance de la fondation. Il a assis sur une large collecte l'expérience et sur un dialogue entre milieux professionnels une réflexion qui a débouché sur l'énoncé de principes fondamentaux pour la gouvernance en Afrique. Ces principes ont été publiés en 2003, dans la brochure : « changer l'Afrique, 15 propositions pour commencer » . Cette brochure a rencontré un vif succès et a donné une première crédibilité au réseau, ce qui a permis sa transformation d'un réseau d'individus et d'experts à une alliance d'acteurs.
En 2005, deux évènements ont contribué à un changement d'échelle du processus. D'abord la nomination d'Ousmane Sy comme lauréat du prix Roi Baudouin, nomination attachée aussi bien au rôle qu'il a joué au Mali qu'à son leadership dans l'Alliance, ce qui a donné une notoriété panafricaine plus large à la dynamique. Ensuite le partenariat esquissé avec l'Union Africaine et matérialisé par l'organisation du forum africain sur la gouvernance à Addis Abeba a donné à l'Alliance une visibilité institutionnelle et une dimension panafricaine.
- Présentation
Au début de l'année 2006, l'Alliance pour la refondation de la gouvernance en Afrique est à la fois riche en promesses et confrontée à des défis redoutables. Riche en promesses pour toutes les raisons déjà évoquées : un noyau humain soudé et pratiquant des méthodes de travail rodées ; une visibilité institutionnelle ; des propositions qui rencontrent un écho et illustrent la fécondité du processus du travail ; une crédibilité naissante vis-à-vis de différents bailleurs de fonds ; L'existence d'une charte constitutive de l'Alliance, définissant avec précision les objectifs, l'éthique et les création d'un centre de ressources appuyé sur le site web et animant les réflexions transversales.
Dans le programme d'ensemble un volet a été isolé du fait de sa nature et de son poids financier : c'est celui qui concerne la refondation de la gouvernance de l'aide, intitulé « mettre la coopération au service du développement » . Ce volet a toujours été jugé essentiel au sein de l'Alliance. La remise de Prix Roi Baudouin à Ousmane Sy au printemps 2005 a été l'occasion de susciter un écho institutionnel à cette idée. L'évaluation de la coopération européenne menée par la fondation en 1999 à la demande du Parlement Européen avait donné de nombreuses pistes pour la refondation de cette aide. Les suites très modestes données à ces propositions montrent aussi l'inertie des logiques institutionnelles en présence. Il s'agit donc d'une action de longue haleine dont le coût dépasse à lui seul 220 000 Euros qui s'ajoutent au budget proprement dit de l'Alliance. La fondation devra probablement appuyer le démarrage de ce pôle qui ne pourra trouver sa pleine extension qu'avec des alliances financières et institutionnelles.publiques en Afrique ; mobiliser les acteurs étatiques et non étatiques dans des initiatives pour une refondation effective de la gouvernance en Afrique ; participer au débat sur les questions de gouvernance en Afrique et dans le monde.
Pour atteindre ces objectifs, l'approche stratégique comporte quatre volets :
a. le développement d'un partenariat avec des institutions internationales, régionales et sous-régionales : Union Africaine, PNUD, CEDAO, UEMOA, NEPAD...... la construction de cadres de coordination régionale et inter-régionale de l'Alliance ;
b. la mise en place de pôles régionaux d'animation de processus, ces pôles étant susceptibles d'animer à leur tour des forums régionaux de la gouvernance.
c. l'élaboration, la mise en débat, l'approfondissement des propositions de refondation de la gouvernance en Afrique avec la constitution de groupes d'initiative dans chaque région, distribués sur un certain nombre de thématiques et de territoires, travaillant selon la méthodologie commune de collecte puis de croisements des expériences. Les quatre premiers groupes d'initiatives ont été définis en 2005; la diffusion des connaissances et la promotion des méthodes et outils d'intelligence collective avec laifs de travail constitue également un atout considérable. En février 2005, la première rencontre de l'Alliance à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest a permis également de définir le concept de « groupes d'initiative » et d'identifier les premiers groupes, ce qui était nécessaire pour montrer que l'Alliance ne se bornerait pas à énoncer des principes généraux mais chercherait aussi à en promouvoir effectivement la mise en oeuvre.
Mais tous ces atouts seront bien nécessaires pour répondre aux considérables défis que représente le passage de l'Alliance de l'échelle de l'Afrique de l'Ouest francophone à l'ensemble de l'Afrique. Défi du multi linguisme bien sûr. Défi bien plus large encore de la constitution de réseaux de contacts dans différentes régions d'Afrique et dans différents milieux , constitution qui ne bénéficiera pas toujours du réseau d'inter connaissances qui existait entre la plupart des pays d'Afrique francophone et où la notoriété d'Ousmane Sy, considérable dans le Sahel, va nécessairement en s'atténuant au fur et à mesure que l'on s'en éloigne. Défi humain et institutionnel de trouver des partenaires capables de prendre en charge les pôles régionaux d'animation de l'Alliance et de constituer progressivement des équipes de jeunes professionnels partageant objectifs et méthodes de travail comme ce fut fait, au fil des années, à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest. Défi même du dialogue institutionnel avec les Etats et avec les institutions régionales, continentales et mondiales : un premier travail réussi avec l'Union Africaine montre aussi le défi de combiner des logiques institutionnelles très différentes. L'intérêt manifesté par le PNUD d'un rapprochement avec l'Institut Africain de la gouvernance qu'il lance posera de son côté d'autres problèmes d'articulation.
Enfin, la multiplication des pôles régionaux, le changement d'échelle et le multilinguisme changent aussi l'ampleur des besoins financiers d'autant plus qu'il est bien nécessaire de renforcer les moyens logistiques du pilotage d'ensemble autour d'Ousmane Sy. Là où, avec 200 000 euros par an, la fondation assurait les deux tiers du financement de l'ensemble du processus, il faut passer à un budget de 800 000 euros par an, la fondation constituant un effet de levier pour trouver d'autres fonds. Or l'exemple du forum africain d'Addis Abeba, co-organisé avec l'Union Africaine, confirme qu'il est toujours relativement facile de trouver des co-financements pour un événement mais plus difficile de mobiliser des financements pour une dynamique d'ensemble dont la matérialité et l'impact sont bien plus difficilement mesurables.
Ces préalables étant posés, le programme 2005-2007 se résume à quatre objectifs :
- construire un espace public inter-africain de dialogues et de réflexions sur la gouvernance ;
- élaborer et mettre en débat des propositions de changement de la gestion des affairesitdispositifs de travail constitue également un atout considérable. En février 2005, la première rencontre de l'Alliance à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest a permis également de définir le concept de « groupes d'initiative » et d'identifier les premiers groupes, ce qui était nécessaire pour montrer que l'Alliance ne se bornerait pas à énoncer des principes généraux mais chercherait aussi à en promouvoir effectivement la mise en oeuvre.




